Alimentation émotionnelle : cesser de manger ses émotions

Manger ses émotions, plus courant que ce que vous pensez

alimentation émotionnelle : manger ses émotions
Avez-vous déjà remarqué combien nos émotions influent sur notre façon de nous alimenter ? La fatigue, l’anxiété, le stress peuvent avoir des conséquences directes sur nos choix ainsi que sur nos habitudes alimentaires. Anne-Sophie Adeline, Diététicienne-Nutritionniste au Sofitel Thalassa Sea & Spa le Miramar à Biarritz nous éclaire sur cette alimentation émotionnelle dont on parle de plus en plus fréquemment et qui n’est pas sans conséquence sur notre santé.

Qu’est-ce que l’alimentation émotionnelle ?

Les émotions sont présentes et utiles dans nos vies. Elles font partie de nous. Lorsqu’on a du mal les identifier, à les accepter ou lorsqu’elles nous effraient, la gestion de ces émotions peut avoir des conséquences sur notre façon de nous alimenter : il arrive alors que nous mangions plus, trop ou plus vite. Que nous ne soyons pas en capacité de nous arrêter ou que nous options pour des aliments perçus comme réconfortants (sucre et gras). Ces comportements compulsifs (grignotage, boulimie, craving…) exacerbent alors notre sentiment de mal-être, voire de culpabilité, et peuvent générer, avec le temps, une prise de poids et un impact négatif sur notre santé (diabète, cholestérol, hypertension artérielle, troubles digestifs, douleurs physiques…).


Ce trop-plein d’émotion peut aussi nous conduire à moins nous alimenter, jusqu’à générer des troubles anorexiques qui nécessitent tout autant, si ce n’est plus, de vigilance.
 

Les émotions sont nécessaires. Elles impactent nos réactions, notre façon d’être, notre niveau de stress et parfois aussi, notre comportement et notre rapport à l’alimentation.

Alimentation émotionnelle et impact sur émotions

On parle d'alimentation émotionnelle (ou “emotional eating” en anglais) pour évoquer le fait que notre consommation alimentaire intervient en réponse à un ressenti émotionnel plutôt qu'à une sensation de faim. 

Ainsi, les émotions joueraient donc un rôle dans notre façon de nous alimenter (en augmentant ou en diminuant notre consommation alimentaire et en nous orientant vers des types d’aliments spécifiques). La nourriture serait ainsi utilisée pour compenser une émotion ou un ressenti déplaisant. Ce comportement alimentaire « de réconfort » peut naturellement engendrer des conséquences sur la prise ou la perte de poids. 

« Alors qu’il est important d’accepter et de vivre ses émotions, manger donne l’illusion de pouvoir se couper de ses ressentis. On se concentre alors sur l’alimentation et non sur ses émotions. Mais ce n’est qu’une diversion. Et cela se poursuit avec la digestion (plus difficile lorsqu’on s’alimente vite ou trop) qui mobilise alors une grosse partie de notre énergie vitale. A nouveau, elle paralyse temporairement nos émotions. »
 

Quelles sont les causes de l’alimentation émotionnelle ?

On s’alimente généralement :

  • Parce qu’on a faim.
  • Pour répondre à ses besoins primaires (respirer, boire, manger, dormir).
  • Par principe et par habitude : “c’est l’heure de manger”, par peur de gaspiller ou par difficulté à refuser.
  • Par gourmandise (certains aliments nous font envie à certains moments de la journée)
  • Par récompense ou par compensation.
  • Par paresse et par ennui (le besoin de s’occuper).

Plusieurs désordres émotionnels peuvent avoir des conséquences sur notre alimentation.
Parmi eux :

  • Le stress (qui génère une augmentation du cortisol),
  • L’anxiété,
  • La peur,
  • Les émotions somatisées...

D’autres raisons peuvent également influer sur nos émotions et agir sur nos habitudes alimentaires :

  • Le vide (manque d’occupation) qui peut générer frustration et ennui,
  • Les habitudes de l’enfance (l’alimentation présentée comme une récompense par exemple, ou encore l’obligation de finir systématiquement son assiette sous peine d’être puni(e)…)
  • L’influence sociale et le rythme professionnel (déjeuners d’affaires…)
  • La fatigue…
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La thalassothérapie pour se recentrer et gérer ses émotions

« Les activités proposées au sein d’un séjour de thalassothérapie (modelages, soins d’hydrothérapie, coaching, activités physiques, accompagnement diététique…) procurent un environnement propice au lâcher-prise et à une réflexion sur son bien-être global qui englobe bien sûr, la gestion de nos émotions et notre rapport à l’alimentation. »
 

Que faire pour limiter l’influence de nos émotions sur notre alimentation ?

Anne-Sophie Adeline, Diététicienne-Nutritionniste au Sofitel Thalassa Sea & Spa le Miramar à Biarritz recommande, tout d’abord, de réfléchir aux besoins réels de son corps à travers quelques questions fondamentales :

  • Ai-je faim ?
  • Pourquoi n’ai-je pas faim ?
  • Ai-je vraiment faim ou ai-je simplement envie de manger ?
  • De quoi mon corps a-t-il besoin ?
  • Ai-je vraiment envie de cet aliment maintenant ? 

Prendre conscience de ses émotions 

Il est également important de se questionner, le plus objectivement possible, sur ses émotions à l’instant T :

  • Comment est-ce que je me sens ?
  • Suis-je envahie par des émotions qui vont impacter mes réflexes alimentaires ?
  • Est-ce que je mange pour me sentir mieux, me rassurer, combler un vide ?
  • Suis-je en train de perdre le contrôle ?

Manger en pleine conscience

Puis, malgré les émotions qui peuvent nous assaillir, Anne-Sophie Adeline partage quelques astuces pour reprendre le contrôle de notre alimentation en étant pleinement dans la conscience de l’acte alimentaire : 

  • S’installer confortablement pour chacun de ses repas. Éviter de manger debout, en marchant ou à la va-vite. 
  • Privilégier les atmosphères calmes et paisibles. 
  • Soigner la présentation de son assiette, du plat dégusté et son univers de dégustation (pièce rangée…).
  • Éviter les distractions si on sent qu’elles influent sur notre façon de nous alimenter (la télévision par exemple qui, en faisant diversion, peut nous empêcher de réaliser que nous mangeons trop ou trop vite)?
  • Prendre le temps de savourer les aliments et de bien les mastiquer afin d’assurer une bonne pré-digestion grâce aux enzymes salivaires.
  • Réapprendre à manger lentement, une habitude souvent perdue dans nos vies modernes, pour attendre que la satiété arrive.

Et pour limiter l’impact de nos émotions sur notre alimentation :

  • Prendre le temps de bien respirer avant et pendant le repas.
  • Travailler sur nos émotions en 4 étapes : RAIN
    • R – Reconnaître l’émotion qui nous submerge
    • A – Accepter nos émotions
    • I – Investiguer pour comprendre ce qui est à la source de cette émotion
    • N – Ne pas s’identifier à ses émotions

Tenir un journal de ses émotions permet de mettre des mots sur ce qu’on ressent et contribue à se vider la tête. L’idéal est alors d’associer une action simple à mettre en place en réaction à chaque émotion : appeler quelqu’un lorsqu’on est triste par exemple, ou encore faire une activité physique lorsqu’on ressent de la colère. 

Ces astuces permettent de prendre conscience de la place des émotions dans notre vie et dans notre fonctionnement propre et de limiter le réflexe de compenser ce que nous ressentons par une alimentation trop émotionnelle. 

Prendre du plaisir en mangeant est essentiel. Il est donc indispensable de se reconnecter à ses sens pour puiser le meilleur de la nourriture que nous consommons au quotidien. Bien sûr, manger pour faire taire ses émotions peut arriver mais il est important que cela demeure occasionnel. L’alimentation émotionnelle, lorsqu’elle se répète, peut cacher un mal-être plus profond qui peut nécessiter un accompagnement thérapeutique.
 

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